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MUSTAGH ATA 2006 |
En août 2005, avec le projet d'expédition de tenter l'ascension du Mustagh Ata (7546 m), nous avions imaginé de faire une opération d'aide dont les bénéficiaires seraient des enfants. Le tremblement de terre au Pakistan n'ayant pas encore eu lieu, des contacts ont été établis avec les ambassades du Pakistan et de la Chine, les deux pays que nous devions traverser, de sorte à préciser avec eux le type d'aide à apporter. Avant d'avoir pu affiner, est survenu dans la région du Cachemire le 8 octobre 2005 un terrible et meurtrier tremblement de terre.
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Faisant plus de 100 000 morts, dont beaucoup étaient des enfants à l'école (il était 8H52 du matin, les enfants étaient en cours), nous avons donc tout naturellement orienté notre opération de sorte à apporter de l'aide aux enfants rescapés. Cette aide ne pouvant qu'arriver plusieurs mois après le sinistre, nous avons alors pensé à l'achat de matériel scolaire de sorte à ce que ces enfants puissent retrouver le chemin de l'école et étudier dans de bonnes conditions.
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L'intitulé "carte postale" vient d'une idée de l'un d'entre nous : Richard. L'idée consistait remercier tous les donneurs au moyen d'une simple carte postale envoyée par les enfants bénéficiaires de l'aide, et leurs enseignants. L'opération sera officiellement lancée fin novembre auprès de la famille et des amis des 5 membres de l'expédition. Plus tard, elle s'étendra à un cercle beaucoup plus large de donneurs.
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10 933 Euros ont été récoltés au 8/08/06. Toutefois, comme cette somme est supérieur aux coûts de matériel scolaire, nous avons décidé de consacrer le reste des dons ainsi que les nouveaux dons à la reconstruction d'écoles : l'école garçons et l'école filles de Bail. Une nouvelle demande est en cours d'analyse pour la reconstruction d'une école dans un autre village; l'idée étant de répartir au mieux les fonds pour éviter qu'il y ait une trop belle école d'un coté, et pas d'école de l'autre.
Familles, amis, copains et collègues de travail des 5 membres de l'expédition, puis l'école Sainte Bernadette à Cluses, le Rotary et son club de La Roche / Bonneville, le Lions club du Faucigny, le groupe théâtral du NAT, le ski club de Marnaz, la randonnée ski alpinisme des scouts, etc
Les bénéficiaires visés sont les enfants du cachemire. Les écoles ne sont pas mixtes, les garçons sont d'un coté et les filles de l'autre. Plusieurs villages sont concernés par l'aide : l'école des garçons de Bail (100 élèves), l'école des filles de Bail (45 élèves), l'école des garçons de Batangi (60 élèves), l'école des garçons de Moundan (85 élèves), l'école filles de Moundan (70 élèves), l'école privée de Moundan (25 élèves) etc. A ce jour, d'autres écoles sont contactées afin d'identifier de nouveaux besoins.
Des donneurs au receveurs. Les 5 membres de l'expédition ont fait la publicité de cette opération, aidé des médias (radio France Savoie, le Dauphiné, le messager); Chacun de nous est bien entendu bénévole et a contribué en temps et en argent aux dons et au bon déroulement de l'opération. Chaque donneur s’est vu remettre un reçu, et un listing précis a été établi avec les noms et coordonnées des donneurs, les montants, dates… Coté Pakistan, une équipe est en charge de l'achat du matériel (en coordination avec un membre de l'expédition), ainsi que de sa distribution. Le responsable de cette équipe se nomme Ishaq Ali, directeur d'une agence de tourisme organisant des expéditions et trekkings au Pakistan et en Chine (Agence "“North Pakistan Treks, Tours and Expeditions” / north@isb.compol.com / http://www.north-pakistan.com.
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Ishaq est une personne parfaitement intègre, bénévole, et qui donne beaucoup de son temps pour les autres et notamment les gens du Cachemire sinistrés. Dans les périodes creuses pour son agence (de mi-août à mi-juin), Ishaq avec son équipe, se déplace régulièrement et à ses propres frais, sur les zones concernées. Durant la période haute (soit de mi-juin à mi-août), il emploie un salarié, Monsieur Mtiaz, pour s'occuper de cette opération. Une comptabilité très précise est faite au fur et à mesure des achats (fichier récapitulatif + copie de toutes les factures). Ishaq Ali est par ailleurs le correspondant pour une ONG Française : Association Solidarité Alpes Cachemire qui collecte les dons pour l'ensemble de la Fédération des Clubs alpins français (CAF). C'est une personne altruiste et parfaitement connue et intégrée dans ces zones sinistrées. Il opère en trois temps : recensement des besoins avec les instituteurs, achat des matériels puis distribution. Pour l'aide qu'il apporte à la reconstruction, il ne fournit que le matériel et organise de sorte à ce que ce soit les gens sur place qui fassent le travail. Tant que faire se peut, le matériel de reconstruction est acheté dans les zones sinistrées afin de faire travailler au mieux les gens nécessiteux. Son soucis est de faire en sorte que les gens du Cachemire se prennent en main et ne fassent pas que de compter sur une aide gouvernementale.
La quasi totalité du matériel scolaire est acheté sur place au Pakistan. Ceci pour plusieurs raisons : d'abord le matériel est moins cher qu’en France (environ facteur 2 à 4 suivant les articles !), donc plus de matériel peut être acheté; Le matériel acheté en France doit subir des frais de transports, mais aussi une taxe importante (environ 60% du coût des achats !!!) lors de son introduction au Pakistan; ce qui grève grandement le budget. Par ailleurs, les achats au Pakistan font travailler les locaux qui en ont bien besoin, et évite aussi un dépaysement au niveau des élèves : ils ont le matériel auquel ils sont habitués, et on ne les abreuves pas de biens Français qui sont plus luxueux. Le matériel acheté est divers :
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Du gros matériel : des bureaux, des chaises, des tableaux noirs et des horloges murales. | ![]() |
Du petit matériel (en plus grand nombre) : des crayons papier, crayons de couleurs, des cahiers de différentes sortes, de l'encre pour les plus grands avec des stylos encre, des ardoises, des craies, des gommes, des ciseaux, des gros réservoirs (400 l) pour recueillir et stocker l'eau potable, des règles, des équerres, du scotch, des cartables et des trousses |
Le 26 juillet : Nous (les membres de l'expédition), quittons Besham sur la Karakoram pour Muzzaffarabad, capitale du Cachemire et ville très touchée par le tremblement de terre. La vision des décombres reste impressionnante, on comprend mieux le nombre de victimes en constatant l'anarchie des constructions. Edifiées de bric et de broc dans des terrains pentus...Demain nous irons à Bail, village du cachemire situé à 2100 m et presque entièrement détruit et qui aura perdu la moitié de sa population (soit 1500 victimes).
Le 27 juillet : Nous partons pour Bail, pour organiser notre distribution d'affaires scolaires achetées par l'équipe d'Ishaq Ali les semaines précédentes. Nous arrivons sur place avec 3 minibus chargés "à craquer" jusqu'au toit.
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Ishaq, un ami journaliste et ses collaborateurs, sont avec nous pour faciliter les relations avec le chef du village et les maîtres d'écoles.
Le contact s'établi entre notre équipe et le chef du village qui, informé de la situation, vient nous faire part avec une profonde émotion, de sa satisfaction. C'est dans une allocution improvisée devant la caméra, et les larmes aux yeux, qu'il remerciera profondément la France, à travers l'ensemble des généreux donateurs qui ont participés à cette opération.
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A plusieurs reprises tout au long de la journée il réitèrera ses remerciements et ce, toujours avec la même intensité et la même émotion. Des élèves garçons, bien qu'étant en vacances, sont là pour nous accueillir et recevoir un paquet contenant tout le nécessaire scolaire.
Mr. Mtiaz ayant préparé des paquets individuels, adaptés à chaque besoin (ex: "fille groupe n°4 de l'école primaire de Bail). Les élèves filles sont elles à l'école ce matin là. Ce n'est pas sans émotion que nous découvrons l'école de Bail, réduite à un tas de pierre, qui a anéanti en l'espace d'une minute environ une centaine d'enfants. Cette terrible minute...8H52, du 8 octobre 2005 restera gravée à tout jamais dans le cœur des villageois de tout le cachemire.
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Une école provisoire a été construite pour les garçons, faite de tôles essentiellement, sur une ossature bois (non isolée pour l'hiver, ne comportant que très peu de fenêtres...).
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Sur la route en terre, accrochée à la pente, s'organise le déchargement avec la noria d'allées et venues de tous. C'est vraiment un moment génial et nous recevons tant...à donner et à offrir...Tout le matériel sera déchargé sur la route en terre, afin d'être trié école par école.
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Après avoir trié les matériels et notamment ce qui revient à l'école de garçons de Bail, nous irons rencontrer les filles, et c'est un ensemble de paquets individuels que nous aurons la chance de remettre à chacune d'entre elles.
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C'est un autre moment des plus émouvants...croiser le sourir et le regard de ces filles lorsque leur paquet leur est remis...
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Plus tard enfin, invités par le chef du village, nous irons boire un thé et fumer le narguilé.
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C'est dans un très bon anglais qu'il nous explique alors ce qu'il c'est passé ce fameux matin d'octobre...L'ampleur des dégâts et les moments d'angoisse interminables que ces habitants des montagnes ont du subir. En effet, le village de Bail comme des centaines d'autres, est un village qui n'était pas accessible ni joignable après le tremblement de terre, les routes ayant été partiellement détruites et les lignes téléphoniques complètement détruites. Il aura fallu attendre environ 1 mois de travail acharné des villageois, malgré la profonde détresse, pour rendre à nouveau viable ces routes. Des éboulements importants dus à la nature du terrain (terre + grosses pierres rondes), se sont produits à l'instant "t" du tremblement. Sur le même versant que Bail mais un peu plus loin, c'est un pan entier de montagne qui s'est effondré dans le lit du torrent, modifiant ainsi celui-ci en créant un lac accidentel dont les digues représentent actuellement une nouvelle menace si elles venaient à céder...Les canaux d'irrigations ont été disloqués, les habitations ruinées, pourtant les gens sont là, assistent à la distribution avec le sourire et leur extrême gentillesse, tous veulent nous offrir une tasse de thé à notre passage dans les maisonnées. |
Nous assistons à l'écriture des cartes postales, destinées à chaque donneur. Les garçons sont biens moins loquaces ou créatifs que les filles qui décoreront les cartes de fleurs, de leurs prénoms, et autres "thank you", "thanks"...voire "merci" pour certains. Les instituteurs et institutrices seront quant à eux très volubiles, rédigeant ainsi de très touchants mots de remerciements. Cette journée sera très forte en émotions, et restera à jamais gravée dans nos coeurs, et nous offrirons au chef du village le poster que nous avons fait pour l'occasion, et sur lequel figure : "share with others, and be happy" (partagez avec les autres, et soyez heureux)
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L'opération continue, tant qu'il y aura de généreux donateurs. Les besoins sont importants en construction d'écoles: Notre prochaine cible consiste donc à financer la reconstruction d’une école à Bail (3 à 5 salles de classes suivant le budget). Nous ne ferons qu'une contribution car nous souhaitons aussi participer à la reconstruction d'autres écoles dans des villages voisins. Nous suivrons les travaux grâce aux comptes rendus et photos que Ishaq nous adressera (une partie étant disponible sur le site).
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Vous pourrez suivre dans le courant de l’automne, la suite de cette opération sur le site.
ENCORE MERCI à l’ensemble des contributeurs pour le bonheur que vous avez généré…
L’équipe
Mustagh Ata 2006,
Richard, Daniel, Denis, Maurice et Pierre